• Les Joyaux du Paradis, de Donna Leon

    Les Joyaux du Paradis, de Donna Leon

    Roman de genre Thriller, écrit par l'auteure américaine et paru en Octobre 2012.

    Donna Leon naît le 28 Septembre 1942 dans l'Etat du New Jersey, aux Etats-Unis. Elle enchaîne différents métiers à travers le monde, notamment guide à Rome, rédactrice publicitaire à Londres, enseignante en Littérature en Suisse, en Iran, en Arabie Saoudite, en Chine et en Italie, dont elle tombe amoureuse et où lui vient en 1992 l'idée de son tout premier roman Mort à la Fenice, mettant en scène son commissaire fétiche Guido Brunetti. Bien que ses vingt-sept ouvrages publiés, puis traduits en vingt langues pour leur distribution dans vingt-neuf pays l'aient fait connaître de façon internationale, elle s'oppose fermement à leur adaptation dans la langue italienne, tenant à son anonymat et à sa vie privée à Venise, où elle réside encore aujourd'hui depuis 1969.

    La passion de l'écrivaine pour la Sérénissime rejoint celle qu'elle a pour les oeuvres mélodieuses qui y sont jouées, surtout celles de Georg Friedrich Haendel. Comme le projet de son premier récit s'est révélé à l'occasion d'une soirée entre amis à l'Opéra de Venise, celui d'écrire Les Joyaux du Paradis lui est légèrement soufflé par la cantatrice Cecilia Bartoli, qui s'applique alors à réhabiliter Agostino Steffani, compositeur italien baroque qui a marqué son époque de 1674 à sa mort en 1728, autant par ses productions lyriques que par ses fonctions diplomatiques d'évêque catholique, mais qui n'est pourtant guère connu du grand public. Ayant voyagé sans cesse à travers l'Europe du fait de son statut épiscopal, il ne figure pas parmi les figures emblématiques de l'Italie musicale, car il passa la majeure partie de sa vie en Allemagne ; et en tant qu'Italien, il ne compte pas non plus parmi celles de la nation germanique. Sa biographie jalonnée d'ambiguités et de mystères inspire Donna Leon pour une enquête sur le personnage, autant que Cecilia Bartoli pour un album sur ses oeuvres ; les deux productions attendues comme des évènements médiatiques paraîtront respectivement en Octobre et Novembre 2012.

    Caterina Pellegrini, responsable d'unité de recherche à l'Ecole de musique de Chetham, à Manchester au Royaume-Uni, répond à l'offre de recrutement d'un musicologue émise par la Fondazione Musicale Italo-Tedesca, située à Venise. Elle se rend rapidement compte des subterfuges légaux dont ont usé ses employeurs, Franco Scapinelli et Umberto Stievani, descendants de cousins d'Agostino Steffani et seuls présumés héritiers de ce dernier, pour acquérir les deux malles qu'en avaient conservé le Vatican, ainsi que de la convoitise suspicieuse qui entoure sa traduction des lettres qu'elles contiennent et ses recherches complémentaires à la bibliothèque Marciana, et de l'attente cupide d'y trouver un testament écrit, voire un trésor réputé composé de pierres précieuses. La jeune femme découvre peu à peu la personnalité du vicaire et spécule sur son implication dans l'affaire Königsmarck, par laquelle l'assassinat du Comte du même nom, de la main de l'abbé Nicolo Montalbano, rendit public ses rapports adultérins avec Sophie-Dorothée de Brunswick-Lunebourg, épouse du Prince George de Hanovre ; et à la suite de laquelle Agostino Steffani reçut non seulement la confession du meurtrier même, mais également les fameux Joyaux du Paradis qui devaient expier son impardonnable forfait.

    De la Riva dei Sette Martiri à la Piazza San Marco, la protagoniste mène son enquête avec admiration, retrouvant avec nostalgie et émotion les monuments emblématiques et la prestance caractéristique de sa ville natale. Mais bien que sincèrement attachée à la belle et raffinée Venise, l'auteure ne manque pas dans ce roman d'en révéler les envers orgueilleux et corrompus, comme dans ceux retraçant les investigations du commissaire Guido Brunetti. Sous le regard indifférent de l'ange du Campanile San Giorgio Maggiore, les filatures intimidantes et l'espionnage subtil s'organisent, les vertus et les intérêts se défendent avec la loi et la mafia, aujourd'hui tout comme à l'époque ; la soeur même du personnage principal, qui a prononcé avec conviction ses voeux pour se consacrer aux valeurs de la religion catholique, les remet en cause avec désillusion, à la façon du compositeur circonspect, mais désabusé dans sa correspondance privée.

    Harem, de Charlie Audern et Kaelig Lan Plus personnellement, j'ai eu la chance de pouvoir apprécier cet ouvrage mettant en avant la biographie d'Agostino Steffani, en écoutant les albums Mission et Stabat Mater de Cecilia Bartoli, qui m'ont ouvert l'accès à une dimension très concrète des connaissances et de la lecture des partitions livrées par l'auteure à travers son personnage principal. Sans jouer d'une atmosphère particulièrement glauque ou d'enjeux difficiles, Donna Leon se concentre néanmoins avec méthode sur ses recherches historiques passionnantes et se fait, à l'instar de la cantatrice dans le domaine musical, la porte-parole littéraire du talent du compositeur oublié, au coeur d'une Sérénissime immuable.

    Le Tribunal des Ames >>

    Pin It

    Tags Tags :
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :