• L'Ombre Dansante du Dragon, de Jeremy Henry

    L'Ombre Dansante du Dragon, de Jeremy Henry

    Premier roman autopublié de genres Policier et M/M de l'auteur, paru le 05 Décembre 2015.

    Auteur prolifique sur Internet depuis deux ans, Jeremy Henry s'est passionné pour les emblématiques Yakuzas en lisant les oeuvres originales des dessinatrices japonaises Akira Norikazu, Kou Yoneda, Hiro Madarame et Asia Watanabe. Ses recherches approfondies quant aux règles traditionnelles, à la structure hiérarchique, aux implantations économiques et aux familles historiques de l'organisation mafieuse nippone à l'influence inetrnationale ont inspiré, puis déterminé ses propres tendances littéraires : que leurs intrigues se déroulent au coeur du Japon ou à l'étranger, en 2015 ou à l'époque napoléonienne, sa saga principale Comme un Oiseau compte aujourd'hui douze de ses quinze romans achevés ; L'Ombre Dansante du Dragon marque ses débuts dans l'autoédition. 

    Alors que des agressions homophobes rendent dangereuses les rues du quartier Shinjuku de la capitale de Tokyo, l'inspecteur de police Shoji Kudo chargé de l'enquête rencontre une nuit un intriguant motard répondant au nom de Ren, qu'il croise de nouveau dans un bar fréquenté par deux des victimes. S'il se surprend à éprouver une forte attirance pour le jeune homme en dépit de son hétérosexualité, ce dernier bien qu'homosexuel se méfie de ses propres penchants pour l'agent, dont il repousse effrontément les avances ; mais l'obstination de Shoji réussit à abattre ses défenses, mettant en évidence des sentiments amoureux naissants et mutuels. Lorsque Ren se révèle être de la famille Sasakawa attachée au clan yakuza Tachibana, le couple se retrouve tiraillé entre les menaces de la Mafia et les devoirs de l'Ordre, entre la prépondérance familiale et la liberté individuelle... entre les sentiments et la raison.

    Le style d'écriture de l'auteur s'appuie sur la narration objective, concise et immersive commune aux diverses scènes du roman. Les lieux, les objets comme les personnages sont décrits de manière très pragmatique - mais néanmoins précise, forte des connaissances acquises sur les syndicats criminels japonais - , afin de laisser une place dominante aux faits et aux détails importants de l'intrigue ; tandis qu'aux longues réflexions et tergiversations, sont privilégiées les pensées réactives des deux protagonistes, immédiates et directes, émises à la première personne du singulier et rappelant celles généralement utilisées dans les oeuvres graphiques des mangakas que l'écrivain apprécie. Exempt d'explications pesantes comme d'énumérations superflues, le rythme énergique du récit s'en trouve davantage soutenu, en adéquation avec la temporalité du lecteur qui se sent entraîné au coeur de l'action, son imagination stimulée se chargeant seule de compléter les maigres descriptions visuelles. Les introspections des deux personnages principaux rendent également leurs personnalités, leur romance et leurs choix d'autant plus compréhensibles et accessibles qu'elles sont exprimées de façon sincère et nette, sans doutes ni formules.

    Ren Sasakawa et Shoji Kudo sont deux hommes solitaires, entre lesquels s'installe dès leur première rencontre une attirance instinctive des singularités, des complémentarités si puissante qu'elle en devient rapidement passionnée, charnelle et amoureuse. Le bonheur et la candeur du yakuza, meurtri et désabusé, se ravivent et s'exposent face à la détermination infaillible de l'inspecteur de police ; ce dernier, loyal et exalté, s'attache au jeune motard au point de mettre sa carrière et sa vie en péril pour lui. La maturité de Jeremy Henry évite les conflits et arguments récurrents de la romance contradictoire entre un criminel et un policier en attribuant à ses deux protagonistes une forte volonté et une identité assumée qui se reconnaissent sans s'effacer l'une devant l'autre, ni exiger de changement l'une de l'autre. Leurs tourments autant que leurs faiblesses se complètent, les font se désirer, se protéger et se chercher à tour de rôle... sans oublier leurs personnalités respectives, parvenant à s'accepter mutuellement comme à se développer et à s'affirmer individuellement, au-delà même de leur seul couple.

    Harem, de Charlie Audern et Kaelig Lan Plus personnellement, j'associe ma lecture de ce roman à l'allégorie du tatouage de Ren Sasakawa : une association de beauté et de violence, de virilité et de romantisme, d'orgueil et d'ingénuité... pareille au contraste offert par une fleur délicate et claire sur un fond d'un noir dense, à côté de laquelle repose une unique goutte de sang. Le thème des sentiments interdits entre membres de groupes antagonistes n'est pas inédit, mais Jeremy Henry préfère se consacrer à ses protagonistes, plus sensibles et complexes que les apparences ou les clichés ne le laissent paraître ; et dont les solitudes lourdes en quête d'amour véritable portent l'essence de la saga Comme un Oiseau.

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