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Łα Čσмρℓαιитє ∂υ Đяαgσи
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Łα Čσмρℓαιитє ∂υ Đяαgσи
Łєѕ Mσитѕ Bяυмєυχ
par Furiae, le 18 Août 2009 à 01:58Nul amas de nuages menaçants sur les cimes millénaires. Le brouillard stagnant entre les Monts Brumeux garde l'humidité sur les pierres lisses, empêche le soleil de guider le voyageur imprudent, et joue aux ombres changeantes avec le vent, et le tonnerre.
Les échos graves ne perturbent guère les habitants du village construit dans la vallée verdoyante. Les femmes brodent les draps blancs ou récoltent les fruits mûrs des arbres, les hommes travaillent le fer ou le bois, les anciens installés devant leurs maisons racontent de vieilles histoires aux enfants entre deux de leurs parties de jeu. Par instants, le retentissement du tonnerre couvre les chants des femmes, les coups de marteau des forgerons et les rires des jeunes ; il ne surprend personne, le calme demeure dans la petite communauté.
Le tonnerre fait seulement vibrer les perles humides sur les parois des Monts Brumeux. Du plus profond d'une grotte creusée au coeur de la plus haute montagne, il n'exprime aucune menace, ni haine ni colère. Il n'est que l'écho de mouvements, et de battements de coeur.
Ceux de Hilgarth, le Dragon de Brume.

à suivre...
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Łє Ğαя∂ιєи
par Furiae, le 18 Août 2009 à 13:29Hilgarth est l'un des derniers Dragons à préserver une terre vierge de la convoitise des Hommes. Enlaçant tour à tour les flèches rocailleuses, exhalant de sa gueule le brouillard dense des Monts Brumeux, arrachant aux parois pierres et vrombrissements, l'inflexible gardien laisse en paix le village respectueux des frontières de son territoire.
Par une nuit chaude et claire, la créature se réveille et émerge de sa tanière, prêtant l'oreille aux chuchotements du vent. Elle prend la direction de la vallée et jauge les habitations du haut d'une montagne.
Une voix se fait entendre. Fluide et féminine, elle honore les paroles d'une vieille chanson d'amour, et parvient au Dragon douce comme des pétales de fleurs apportés par une brise caressant et apaisant son être.
Hilgarth demeure sur la cîme, immobile et attentif. Et le tonnerre se tait.
à suivre...
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Sιєяαн
par Furiae, le 20 Août 2009 à 19:26Siérah prononce le dernier mot de son chant, et laisse la quiétude de la nuit s'installer sereinement. Elle tourne alors la tête vers la fenêtre ouverte de sa chambre, surprise ; la nuit est claire, et silencieuse... Ce village ne connaît pas le silence. Il ne connaît que le tonnerre des Monts Brumeux.
Tous les habitants se sont rassemblés devant leurs portes mais l'incompréhension maintient les bouches closes. Puis les grondements reprennent. Les villageois attendent quelques minutes, puis rentrent se coucher.
Dès lors, chaque soir, les montagnes semblent se taire. Les habitants décontenancés, après plusieurs nuits sans sommeil s'habituent au silence. Une fois seulement, les échos graves entre les Monts Brumeux retentirent de nouveau après le calme... une nuit où Siérah, malade, se coucha tôt, et ne chanta pas.
à suivre...
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Łα Čσℓσмвє
par Furiae, le 23 Août 2009 à 06:43L'attente vaine du Dragon transforma son désir en angoisse. La créature se glissa entre les rocs chaque nuit suivante un peu plus près du village, jusqu'aux limites de la brume...
Puis elle décida d'approcher la jeune humaine, pour écouter sa chanson romantique au bord de ses lèvres.
Un soir que les ombres commencent à s'étirer entre les montagnes, Hilgarth prend la forme d'un oiseau blanc, quitte les Monts Brumeux et posé sur le toit d'une maison, patiente fiévreusement.
Le chant salue l'apparition des étoiles. La colombe prend son envol et rejoint le bord d'une fenêtre ouverte sur une chambre ; Siérah se peigne devant un miroir, ses paroles langoureuses accompagnant sa main lissant ses cheveux.
L'oiseau reste sans bouger à l'écoute des mots d'amour transportés par la mélodie de la jeune fille, si bien qu'à son approche, il ne s'envole pas. Il se laisse saisir doucement par les mains blanches, et pose sa tête sur les doigts délicats.

à suivre...
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Нιℓgαятн
par Furiae, le 29 Août 2009 à 20:00La brume épaisse disparaît peu à peu ; elle révèle des montagnes noires, escarpées, déformées comme une épave de navire fracassé contre les récifs.
Le vent y glisse des graines de la vallée verdoyante, que les perles d'eau du ciel abreuvent soigneusement. De fines pousses enlacent les rochers réchauffés par les rayons du jour, qu'elles saluent de leurs pétales colorés.
Les étoiles pâlissent à la lumière du soleil. Siérah chante encore ; elle murmure ses mots d'amour, mais sa voix tremble, et ses yeux brillent de larmes. L'une d'elles glisse sur sa joue et tombe sur les plumes blanches de l'oiseau étendu dans ses mains.
Hilgarth rend son dernier soupir, léger et serein ; de son désir d'entendre chanter la jeune fille, Dragon, était né celui de demeurer auprès d'elle, colombe.
La terre et son Gardien sont libres ; l'une de vivre, l'autre de mourir.

Fin.
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