• Harem, de Charlie Audern et Kaelig Lan

    Harem Charlie Audern

    Romance historique de genre M/M, autopubliée et parue le 05 Février 2013.

    "Conte des Mille et une nuits revisité" : une petite note sur la quatrième de couverture de l'ouvrage qui fixe d'emblée le cadre de l'intrigue. Après quatre ans d'amitié et d'écriture commune dans l'exercice de jeux de rôle assez longs et complexes, Charlie Audern et Kaelig Lan ont décidé d'en tirer une romance homosexuelle au ton léger, courte et simple comme un conte qu'elles ont mis en ligne, puis adaptée au format autoédité auquel a été ajoutée pour l'occasion la nouvelle inédite Leçons Particulières. Le lecteur peut en effet songer à la célèbre histoire de Shéhérazade - par laquelle un sultan change de raisonnement et de conduite à écouter une princesse d'intelligence et de coeur - en considérant le prince Jaad, qui évince son Favori Salam pour choisir comme nouvel amant le jeune esclave roux Rubis, lequel surprend alors son maître par son tempérament sarcastique, sa verve effrontée et ses allusions à des intrigues de pouvoir au sein du Sérail que son maître était loin de soupçonner.

    Loin de l'image du souverain tortionnaire et implacable, le prince Jaad est néanmoins orgueilleux, manifestement efficace en politique, mais d'une indifférence désabusée envers ce qui l'entoure, rejoignant le soir ses appartements harassé de ses obligations et désireux de se détendre auprès de l'un de ses esclaves masculins. Sa première discussion avec Rubis, franc et insolent comme il n'en a pas l'habitude, le provoque et le rappelle à ses devoirs de maître du Harem, société à part entière entre les murs du Sérail réagissant à ses attentions et à ses négligences ; le jeune esclave pousse même son audace jusqu'à suggérer d'organiser diverses épreuves dont le vainqueur serait le partenaire du prince Jaad pour la nuit. Des personnages aux personnalités comme aux origines variées s'avancent et l'humeur rigide du maître se détend au fil de ces rencontres privées, jusqu'à lui inspirer un rapport plus sensible aux subtilités comme aux tourments de ses serviteurs et même, jusqu'à considérer le concept du traditionnel Sérail, cadre d'une communauté d'esclaves soumis à son propre plaisir, avec amertume à l'image de l'intriguant, mais désillusionné Salam et à certaines critiques abruptes de Rubis envers lui. L'attentat contre le prince Jaad et la clôture des épreuves imposeront une accalmie propice à la sincérité et à l'introspection, et un dernier incident fâcheux amènera les protagonistes les plus réticents à se livrer à retrouver l'équilibre dans leurs relations amoureuses hors de leurs propres barrières, semblables à celles du Harem.

    Le personnage de Rubis est omniprésent, tant par son influence piquante que par ses interventions énergiques, et livre un point de vue malicieux, loin d'être naîf malgré le fond sensuel et romantique de l'intrigue. Le tempérament d'Aigle Tempête dans Leçons Particulières est aussi important, bien que totalement opposé à celui de l'esclave roux et son rapport en tant qu'initiateur sexuel envers le fils du prince Jaad engage une écriture plus explicite, plus proche de celle que partageaient les deux auteures antérieurement à Harem, sans écarter le thème amoureux.

    Charlie Audern et Kaelig Lan nous dressent un palais royal aux céramiques colorées et pures, aux bains et jardins somptueux exhalant l'encens et les fleurs, le vent passant dans des drapés de soie légère et portant des notes mélodieuses. Au sein du Sérail cohabitent romances platoniques et intrigues sournoises dont les apparences sont bien moins évidentes, plus subtiles... mais il n'est pas dans l'intention des auteures de critiquer les us orientaux, de s'enliser dans des débats de moralité, ni même de pencher vers le roman à énigmes. Elles retranscrivent au contraire avec soin les traditions et les mentalités de la culture ancienne cadrant la vie et les moeurs des esclaves comme de leurs maîtres, puis font jouer avec justesse ces histoires d'amour chastes et charnelles sur la volupté, l'éloquence et la poésie de l'Orient.

    Harem, de Charlie Audern et Kaelig Lan Plus personnellement, j'ai abordé cet ouvrage comme ma première véritable lecture de romance homosexuelle et en décidant de ne pas tenir compte de la polémique ayant accueilli sa parution quant à la précocité des personnages de Charlie Audern. Les deux oeuvres vont de pair et ne diffèrent que par les circonstances érotiques de Leçons Particulières. Elles offrent au lecteur de simples moments d'amusement, d'émotion et de sensualité justement dosés, sans débats ni complications inutiles, à la manière d'une fable dans un cadre fidèle à la réalité historique.

    Les Mots d'Eden >>

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  • Commentaires

    1
    Ellana
    Lundi 9 Novembre 2009 à 17:57
    Bonsoir,je poste ici parce que je trouve cette image superbe!!!
    Oui je suis d'accord avec ta vision sur Anne Rice,j'ai la même.Oui la Cité interdite est souvent présentée ainsi,un livre poignant et riche en émotions que celui la.Je te souhaite une bonne soirée en espérant que tu ailles bien.Merci de prendre le temps de lire mes articles (tout le monde ne le fait pas) et de partager ton avis avec moi.Bisous
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