• De 2014 ¾ à 2015 ¾

    yaoi

    Car voyez-vous, cet article est en cours depuis fin Septembre dernier. Faute de temps, je ne l'ai pas repris... jusqu'à aujourd'hui. Beaucoup de choses se sont passées durant cette année, qui font que je me réapproprie autrement cette passion de la lecture et de l'écriture, et que je la partage avec vous.

    Chroniquer n'est pas vanité. On ne décide pas de donner son avis sur des ouvrages littéraires sur un coup de tête, parce que l'envie nous en prend, parce que l'on estime devoir notre opinion au reste du monde ou que l'on veut bêtement faire comme d'autres. J'avais recommencé à lire assidûment une année entière, comme depuis toute jeune et avant ma première grossesse, avant de penser à en discuter avec d'autres lecteurs... qui furent d'abord les aimables bibliothécaires de la Médiathèque de Bar-sur-Aube, et les sympathiques auteures autoéditées Virginie Zurbuchen, Céline Etcheberry et Charlie Audern. Ces discussions élargirent de nouveau mon esprit sur les circonstances et les raisons de création des oeuvres littéraires, qui ne se contentent pas d'émettre des idées et d'extérioriser des fantasmes, mais sont véritablement les témoins et les révélateurs de nos époques humaines. La plus fantaisiste et singulière des fictions peut trahir les absurdités, les manques et les actualités de notre réalité, et ouvrir sans prétention polémiste de fond des débats à leurs propos ; tout cela, sans pour autant négliger sa vocation de divertissement et de dépaysement, qui détendent et optimisent l'attention comme une méthode pédagogique impliquant les élèves d'une classe à l'école.

    Lorsque l'on tient un Blog personnel, cela devient naturel de vouloir y inscrire ses expériences et ses points de vue ; d'autant plus si l'on met un soin particulier à les formuler, à les illustrer et à les mettre en page. Cela se rapproche beaucoup des expositions historiques ou artistiques méticuleusement organisées dans des salles même modestes, mises en scène par un parcours chronologique ou visuel jalonné d'objets contemporains ou explicatifs sous un éclairage optimal, qui s'achève devant un Livre d'Or qui n'attend que les appréciations, les suggestions et les remarques de ceux qui l'ont suivi pour soutenir les efforts de ceux qui l'ont préparé. La satisfaction d'avoir réussi sa conception est sublimée par l'intérêt comblé chez les amateurs, voire éveillé chez des profanes ; mais elle naît d'abord du désir de partage et de l'intérêt réel. Chaque article édité acquiert certes une sorte de légitimité publique par la reconnaissance de ceux qui s'y penchent ou en tirent un commentaire, mais conserve et représente déjà par lui-même l'expression comme l'intention de son concepteur.

    J'ai rédigé mes premières chroniques sur les romans Harem, de Charlie Audern et Les Mots d'Eden, de Céline Etcheberry sans y penser en tant que telles, bien avant que Psyche Tremens ne traite officiellement de littérature. Il me fallait simplement mettre en avant et en valeur ces créations que j'avais eu l'occasion de découvrir, par lesquelles les auteures transmettent leurs mots et leurs imaginations, exposent leurs personnages et leurs émotions ; en discuter, confirmer mes impressions et compléter mes informations auprès d'elles furent des moments de complicité et de sensibilité comme j'en avais rarement connu. L'écho de cette passion se révéla plus spécifique avec Virginie Zurbuchen à propos de sa saga L'Ecrin des Songes, au point de m'imposer encore aujourd'hui une appréhension respectueuse lors de la rédaction des articles la concernant, malgré notre amitié sincère et simple, depuis trois ans que je possède ses tomes.

    Si je dois m'avouer un des sept péchés capitaux, il s'agira de la gourmandise ; celle des fromages forts et des desserts au citron, mais également des livres reliés et numériques. A peine la lecture d'une oeuvre achevée, suis-je en quête d'une autre à commencer ; d'une appréciation rendue publique, j'ai voulu en écrire d'autres. L'autoédition suscitait la curiosité de mon esprit non-conformiste - notamment, vis-à-vis des tendances commerciales, politiques, voire bien-pensantes de systèmes établis - au même titre que la musique indépendante, et Christelle Verhoest y répondit. Son assurance à placer entre mes mains ses romans Blanc comme Cygne, Nos Silences et Beautiful comme sa patience à échanger des idées avec moi m'ont rendu son amitié précieuse et fait considérer bien des choses, dans le genre littéraire M/M comme sur la société actuelle, avec davantage de maturité et de recul.

    Ma vocation et ma crédibilité en tant que chroniqueuse vis-à-vis de moi-même se sont trouvées confortées auprès de ces auteures qui ont marqué mes débuts, puis auprès d'autres qui m'ont accordé à leur tour leur confiance et leurs romans : Mathias P. Sagan avec L'Ironie d'un SortKailyn Mei avec Le Roi des Tréfonds et Kyo VR avec Remember Me. Je me suis sentie plus sûre de moi, de mes impressions et de mes interprétations, me convainquant des données acquises au fil de mes recherches à propos des thèmes abordés - techniques, spécifiques ou controversés - dans les ouvrages, à propos des cultures d'origine - dont les approches peuvent différer du point de vue occidental - des auteurs ; à propos des éditions et des adaptations des oeuvres comme de leurs réceptions et de leurs impacts sur les sociétés... Je suis pourtant encore loin de pouvoir en appréhender toute la dimension artistique et évocatrice. "Tant mieux", me répondrait alors l'un de mes professeurs au lycée ; car les oeuvres littéraires n'ont pas à être comprises jusqu'au moindre mot et entre les lignes, dissequées comme une grenouille pour un cours de biologie ou schématisées comme un moteur d'automobile. S'il n'est pas inutile de comprendre leur raison d'être et d'en percevoir la rhétorique, il ne faut jamais en oublier la poésie, l'essence et le plaisir de la lecture, qui ouvrent les esprits comme les coeurs sur le monde et soufflent des idées nouvelles pour l'avenir. Nous ne sommes ainsi plus les mêmes de la première à la dernière page d'un livre.

    Une année s'est écoulée. Je n'ai certes édité que seize chroniques, mais je suis fière de m'être accrochée à ce statut et sûre de mes propres appréciations. Chacune d'elle s'est accompagnée d'échanges agréables, de débuts amicaux, de découvertes passionnantes et de confidences imprévues... mais au moment de rédiger pour la première fois ce bilan annuel, le dernier trimestre 2015 m'a surprise de manières auxquelles je ne m'attendais pas. Je me suis rapprochée d'autres chroniqueurs et de sites littéraires, puis passionnée pour des éditeurs spécialisés : les analyses différentes de Thalyssa et de Virginie Neufville, les compléments ludiques de La Bibliothèque de Glow et des Editions Jentayu, les attentions rigoureuses des Editions Philippe Picquier et de STEditions ont appuyé et influencé, pour certains sans le savoir, les perspectives d'avenir de la chroniqueuse que je suis et que je souhaite devenir. Quelques semaines auparavant, je n'aurais pas imaginé participer à la conception de la seconde édition du Magazine de L'Annuaire du Yaoi, ni être moi-même sollicitée par Jeremy Henry pour une chronique sur son premier roman L'Ombre Dansante du Dragon, et encore moins... quelque chose que je ne peux pas encore vous révéler !

    Que dirais-je de 2015 ¾ à 2016 ¾ ? Je n'en sais strictement rien ; mais cela m'est bien égal. Car à défaut de pouvoir l'anticiper, j'espère bien en profiter pleinement, avec vous...

    Je vous remercie, tous cités ci-dessus comme tous ceux qui ont croisé mon chemin de chroniqueuse littéraire novice, de m'avoir accompagnée jusqu'ici.

    Pin It

    Tags Tags :
  • Commentaires

    1
    Loulou
    Mardi 8 Décembre 2015 à 14:11

    C'est un sacré bilan :) Ta démarche quant à la manière d'aborder les chroniques est très juste. Et ta curiosité littéraire n'oublie pour autant pas la principale notion de "plaisir' dans la lecture, ce que certains ont tendance à oublier. En effet, tout ne doit pas s'expliquer à la virgule près, et il faut se fier à l'impression générale que nous laisse une histoire lorsqu'on a tourné la dernière page.

    Enfin de la part du staff de l'Annuaire : Merci pour ta collaboration sur le numéro 2 de notre magazine. Cela aura été un vrai plaisir que tu nous rejoigne dans l'aventure. Alors si l'envie te tente à nouveau sur un prochain numéro, n'hésite pas à nous le faire savoir ;)

    2
    Dimanche 10 Janvier 2016 à 11:59

    wouah ! quel bilan ! et oui je suis de retour après une longue très longue absence ! Pas mal de choses à régler, manque de temps, de motivations mais me revoilà ! 

    cette année je fais le bilan de ma vie aussi, je participe à des défis (ce qui me permet justement de pouvoir faire le bilan de ma vie)

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :