• Bartiméus - L'Anneau du Roi Salomon, de Jonathan Stroud

    Bartiméus - L'Anneau du Roi Salomon, de Jonathan Stroud

    Préquelle à la Trilogie de Bartiméus de l'auteur britannique, parue en France en 2011.

    Les romans L'Amulette de Samarcande publié en 2003, L'Oeil du Golem en 2004 et La Porte de Ptolémée en 2005 constituent la trilogie à succès de genre Fantasy de Jonathan Stroud, qui s'est vendue à plus de cinq millions d'exemplaires dans le monde. Elle met en scène dans une société moderne similaire à la nôtre, bien que sous l'influence importante de sorciers et de magiciens, Nathaniel Mandrake ayant invoqué le Djinn Bartiméus d'Uruk et amené à contrer avec lui plusieurs complots menaçant le Ministère de la Grande-Bretagne du XXIème siècle. Paru bien plus tard en 2010, L'Anneau de Salomon narre une aventure du fameux Djinn plusieurs siècles avant les évènements de la Trilogie de Bartiméus, à l'époque et sous le règne du biblique Salomon, soit un millénaire avant J.C. dans le royaume d'Israël.

    Les sociétés et les gouvernements reposent déjà en ces temps anciens sur les sorciers et les magiciens appelant des Esprits et les contraignant à leur obéir. Il en est ainsi dans les trois tomes au contexte plus moderne de la Trilogie de Bartiméus, comme il est établi au début de L'Anneau de Salomon en avoir été de même pour les puissances disparues de Mésopotamie et de Babylone. Autant les magiciens se gonflent d'orgueil et d'ambition à force d'invoquer avec succès - ou plutôt, sans encombre - des créatures puissantes dont ils usent pour d'épiques batailles territoriales comme pour de vulgaires tâches domestiques, autant les Esprits exploités haïssent leurs maîtres et ne laissent passer aucune subtilité dans leurs formules de Contrainte pouvant leur permettre de se retourner contre eux. Ces circonstances sans équivoque sont rappelées dès la première partie du roman, dans laquelle Bartiméus s'applique à distraire son maître Ezékiel pour finalement devoir la satisfaction de le dévorer - et de s'émanciper, par la même occasion - à la seule convoitise de pouvoir de ce dernier.

    Mais là ne s'achèvent pas ses péripéties à Jérusalem. En 950 avant J.C. gouverne sur le prospère royaume d'Israël, l'emblématique roi Salomon qui arbore à son auriculaire gauche une bague d'apparence banale, capable cependant de déchaîner des hordes de démons au léger effleurement de son propriétaire et inspirant à la Cour une obéissance terrorisée à celui-ci au moindre de ses gestes irrités. Salomon n'accepte pas qu'un simple Djinn de quatrième degré ait impunément occis l'un de ses dix-sept magiciens ; il somme l'un d'eux, Khaba le Cruel, de rappeler l'Esprit sous son joug et de veiller à le mater. Or, l'arrogance sarcastique de Bartiméus, qui s'exprime jusque dans les notes explicatives et subjectives de fin de chapitre, ne saurait s'effacer aussi facilement sous de successives tâches humiliantes, ni suite à de multiples corrections à coups de Fouet à Essence, ni même devant l'Esprit de l'Anneau à l'occasion d'un mépris public aux lois du roi israélite, valant à son nouveau maître d'être rabaissé à devoir appréhender des brigands qui s'attaquent aux caravanes des marchands sur la Route des Epices. Bartiméus y rencontre une jeune voyageuse, dont seul le lecteur connaît la véritable identité et la raison de son périple en direction de Jérusalem : Gardienne de la reine Barkis de Saba, Asmira s'est vue octroyer la tâche d'assassiner Salomon et de lui prendre l'Anneau, son royaume ayant été menacé par le roi d'Israël s'il ne recevait pas une forte quantité d'encens. Conduite directement à la biblique cité par Khaba, la jeune femme sent la panique la gagner en réalisant que l'attente d'une audience royale - qui lui permettrait d'approcher Salomon assez près pour l'atteindre mortellement - est exagérément longue, alors qu'il ne reste que deux jours avant que la capitale de Marib ne soit anéantie... Elle met alors la main sur un minuscule flacon dans lequel Khaba a scellé Bartiméus après avoir levé sa Contrainte, pour le punir de ses insolences ; libérant le Djinn en brisant l'objet, elle le rappelle sous sa propre autorité pour lui ordonner de l'aider à accomplir sa mission.

    Au Congédiement de Bartiméus par Khaba fait suite la troisième partie du roman, qui concentre sur une nuit la conclusion de l'intrigue révélant de sombres enjeux de pouvoirs. Cette fois sous les ordres d'Asmira les vouant tous deux à une mort certaine et hideuse, Bartiméus considère comme à son habitude les circonstances avec un recul cynique et décide, quitte à mourir, de le faire avec panache. Il déploie dans l'action toute sa malignité afin de déjouer les pièges du palais de Jérusalem jusqu'aux appartements de Salomon et s'échine à empêcher l'ambitieux Khaba de mettre la main sur l'Anneau, allant jusqu'à se mesurer au terrible Marid du sorcier et meurtrir son Essence en portant la bague. L'Esprit insolent et provocateur se montre de façon inattendue concerné par la tournure dramatique des évènements, alors que la Contrainte de sa maîtresse inexpérimentée regorge de failles dont il choisit pourtant de ne pas user pour s'en détacher... comme il trahit à plusieurs occasions au fil des chapitres une considération dissimulée pour le sort de ses semblables. Bartiméus fait continuellement usage de répartie dissidente envers l'autorité, d'éloquence vaniteuse envers lui-même et d'ironie méprisante envers le reste du monde, surtout si celui-ci se prête au jeu des apparences... mais le Djinn sait aussi faire preuve de curiosité condescendante envers les humains qui ne partagent pas les intérêts cupides caractérisant grand nombre de magiciens.

    Il s'évertue également de sa verve unique à remettre en cause le dévouement aveugle d'Asmira à la reine Barkis qui sacrifie la vie de la jeune femme pour préserver son éminent honneur, et le réduit à son propre statut d'esclave, la seule différence étant que le Djinn est absolument contraint en dépit de toute sa volonté et que la Gardienne évite seulement de réfléchir à son endoctrinement. Les remarques acerbes de Bartiméus, les critiques à l'encontre de sa souveraine par Salomon et la menace destructrice de Khaba malmènent l'assurance d'Asmira, pour finalement briser ses chaînes et lui faire rendre l'Anneau au roi israélite, qui l'a détenu jusqu'alors avec sagesse et magnanimité. Son attachement pour sa patrie reste intact, mais n'est plus rattaché seulement à l'orgueilleuse figure royale de Barkis ; la Gardienne déchue décide de rentrer à Saba pour humblement protéger ses compatriotes voyageurs sur les routes jonchées de brigands... après avoir remercié et libéré le Djinn facétieux, qui retourne ainsi à l'Autre Lieu pour plusieurs siècles.

    Harem, de Charlie Audern et Kaelig Lan Plus personnellement, j'ai abordé cet ouvrage en tant qu'amateure du genre Fantasy... mais c'est véritablement le personnage de Bartiméus qui m'a attachée à ma lecture. Non pas que l'intrigue et le fond de l'histoire soient ennuyeux ou compliqués, ni même foncièrement originaux ou initiatiques... mais les répliques du Djinn ont le mérite à elles seules d'amuser le lecteur et les chapitres écrits à la première personne mettant en avant son point de vue ont une saveur piquante qui se laisse apprécier comme un plat exotique.

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  • Commentaires

    1
    Vendredi 24 Avril 2015 à 21:19

    Bonjour, un moment que je n'étais pas passée par ici, gros bisous!!

    2
    Vendredi 3 Juillet 2015 à 14:47

    Cela vient de me rappeler que j'ai "l'amulette de Samarcande" chez moi. Je l'avais commencé mais je me suis arrêtée peu de temps après car j'avais vraiment envie de lire un autre roman. Du coup j'ai remis la lecture de celui-ci pour plus tard. Je ne sais pas si je vais m'y accrocher... J'adore le fantasy, mais y a des limites. ^^'

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